
Le 5 Septembre 2000
MISE EN GARDE AU PEUPLE FRANCAIS.
LE QUINQUENNAT : une idée moderne ? ou la voie de l'affaiblissement ?
Les dés de la République roulent une nouvelle fois et semblent jetés. En effet, le Peuple, non demandeur de cette réforme de la Constitution présentée sans conséquences importantes pour l'avenir de la France, risque par son indifférence de laisser s'échapper définitivement la carte maîtresse de sa souveraineté voulue par Charles De Gaulle dans le but de fonder la République sur le Peuple, conformément à l'article 2 de la Constitution " La République est le gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple ".
Pourquoi ? Parce qu'il n'est en rien démontré l'intérêt et l'avantage pour le pays de cette réforme constitutionnelle, sinon de " moderne ", permettant de consulter et de faire participer plus souvent le Peuple au choix de son avenir (mais la Constitution donne déjà tous ces moyens au Président de la République et au Pouvoir) mais certainement, pour ne pas dire avec certitude, parce qu'elle permet à terme le retour de la politique des partis, politique essentiellement et par nature politicienne qui a valu à la France et à son Peuple un désastre majeur, des humiliations, la honte, la faiblesse et un effacement de la scène politique mondiale.
La politique des partis ou politicienne, c'est la voie certaine de l' effacement et du déclin de la France sur laquelle nous sommes à nouveau engagé parce que c'est moins de souveraineté réelle pour le Peuple. C'est redonner la République à la classe politique professionnelle, responsable de l'affaiblissement de la France, qui s'estime pourtant seule capable de traiter les problèmes de la Nation alors qu'elle a échoué depuis plus de 20 ans dans tous les domaines essentiels pour la Nation (endettement du pays, fracture sociale et exclusion, sécurité, chômage, réforme de l'Etat, justice, défense, enseignement, famille et natalité, immigration, expatriation des capitaux et des décideurs, indépendance de l'économie, défense de la langue française,...).
C'est fondamentalement annuler l'une des principales forces de la Constitution de la Vèm République, sinon le premier acquis, qui a été de fonder la République sur le Peuple :
1-par l'élection au suffrage universel du Président de la République (1er expression majeure de la souveraineté du Peuple) pour une durée de 7 ans, supérieure à celle du mandat de 5 ans des Députés (3èm expression majeure de la souveraineté du Peuple), pour pouvoir assurer en toutes circonstances le rôle d'arbitre et de défenseur de l'intérêt supérieur de la France.
2-par le recours régulier au référendum sur des sujets essentiels (2èm expression majeure de la souveraineté du Peuple), confirmant à la fois la légalité et la légitimité du Projet et du Pouvoir.
En soumettant au Peuple par référendum cette réforme, voulue par des politiciens uniquement pour régler un problème de politique politicienne (les cohabitations répétées, résultat du déficit de courage et de volonté pour gouverner) qui, en ajustant la durée de mandats par nature très différents, autorise, suggère même, tous les accommodements, les compromis possibles, la classe politique lui propose finalement de légaliser et de légitimer le retour inévitable de la politique des partis et de remettre, de fait, à nouveau l'essentiel de sa souveraineté aux partis, contrôlés par la nomenklatura. Danger il y a car, même si l'intention d'origine est autre, cela se traduit en réalité par un " putsh moral " de la classe politique contre le Peuple, celui-ci étant seulement tenu de valider " la corde pour le pendre " à travers la légitimité irréfutable et démocratique du référendum.
Le Quinquennat, réforme politicienne, est un mauvais coup porté à la France, un coup bas à la République, et en définitive, un coup de Jarnac pour le Peuple.
Au Peuple souverain, avec lucidité et avec sagesse de la rejeter en votant massivement NON le 24 Septembre 2000 pour préserver sa souveraineté dans l'attente d'un Chef d'Etat et d'un Pouvoir gouvernant selon l'esprit de la Constitution et apporter ainsi la preuve formelle que sa souveraineté reste entière, assumée et exercée chaque fois avec force sur les questions essentielles et parfois vitales pour la France.
Michel MERCIER.
Président de l'Observatoire de la République.