2001

 MAI 2001

 

Mercredi 16 Mai (source : AFP) : La France a du mal à attirer les investisseurs étrangers.

Une enquête réalisée par le cabinet Ernst and Young auprès de 350 dirigeants de filiales françaises de groupes internationaux, présentée au Ministère de l’Economie le 16 Mai 2001, avec la participation du Ministre des Finances Laurent FABIUS, pointe du doigt la dégradation de l’image de la France auprès des investisseurs étrangers et les risques de délocalisation.

Ainsi, 65% des patrons interrogés indiquent que si leur entreprise décidait d’investir en Europe, ce choix ne porterait pas sur la France. Plus grave, 56% des patrons affirment que leur entreprise prévoit de délocaliser une partie de ses activités.

Dans ce procès fait à la France, les impôts font figure de principal accusé : pour 93% des chefs d’entreprise, le poids des prélèvements fiscaux et sociaux est le principal handicap de la France. Les 35 heures sont citées comme un handicap par 84% des patrons, les rigidités sociales par 85%, la législation sur la gestion des effectifs par 63% et le régime fiscal des stock-options par 58%.

 

Mardi 29 Mai : Le vote de la loi de modernisation sociale (qui introduit des mesures d’encadrement - durcissement - des licenciements) présentée par la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité Elizabeth GUIGOU est reporté au 13 Juin 2001 sous la pression du Parti Communiste.

La contradiction est une nouvelle fois flagrante entre la nécessité absolue de réformer et la marche à contre-courant de l’Histoire de la gauche archaïque. Le résultat de cette contradiction constitue un facteur essentiel du déclin et de l’affaiblissement de la France.

Tout aussi grave, si cette enquête confirme à nouveau les handicaps déjà connus de la France pour les investisseurs étrangers, elle justifie aussi la baisse de la création par des Français et du nombre des entreprises en France (-110 000 de 1990 à 2000),  de l’ expatriation des entreprises, des capitaux, des décideurs français qui ont autant de compétence et de lucidité que leurs homologues étrangers.

 

 Lundi 28 Mai : le Premier Ministre Lionel JOSPIN présente sa vision de l’Europe.

 Au delà du discours sur l’Europe sociale qui correspond à sa sensibilité et à ses orientations, le Premier Ministre approuve le concept de Fédération d’Etats-Nations et rejette la proposition d’une Europe fédérale présentée par l’Allemagne par la voix du Chancelier SCHRÖDER.

Sur ce sujet vital pour notre avenir, le consensus pour construire une Europe non fédérale paraît désormais, politiquement, largement acquis en France. Reste à vérifier la volonté politique de maintenir ce cap et d’éviter les dérives fédéralistes. Si l’Europe fédérale doit un jour exister, ce ne peut être que le résultat d’un long processus où le temps et une volonté politique commune permettront d’assembler dans la paix et dans l’égalité des siècles d’Histoire pour la plupart douloureux.

Le concept de Fédération d’Etats-Nations avancé par la France, expression contradictoire, reste à définir. Est-ce une autre formulation de l’Europe des Nations ou de l’Europe des Patries, c’est à dire actuellement sans doute la voie de la raison et de la sagesse, de l’intérêt de toutes les Nations européennes, et donc de l’Union Européenne OU bien une autre formulation d’un fédéralisme « limité » qui n’ose s’affirmer?

 

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